En France, un seul usage industriel de chien robot est documenté publiquement dans la durée : le Spot « Perceval » de la RATP, qui inspecte des ouvrages sous les quais depuis fin 2021. La SNCF (2022) et RTE (essai publié en 2023) ont mené des essais. Aucun bilan chiffré n’a été publié.
Pourquoi l’inspection est le premier vrai marché
L’inspection est l’usage où un robot quadrupède a le plus d’arguments face à un robot à roues ou à un drone. Il passe les escaliers, les caillebotis et les rails, il peut répéter chaque jour la même ronde au même endroit et relever les mêmes points de mesure (température, vibration, son, lecture de cadrans). Il réduit l’exposition des techniciens aux lieux dangereux ou pénibles : tunnels, sous-sols, sites électriques, zones irradiées.
C’est aussi le seul usage où les fabricants vendent un produit complet : capteurs, logiciel de mission et traitement des données. Spot s’appuie sur le logiciel Orbit, ANYmal est livré avec sa tête d’inspection.
RATP : « Perceval » sous les quais
Le cas français le plus solide est celui de la RATP. Un Spot baptisé « Perceval », intégré par la société nantaise Intuitive Robots, inspecte les ouvrages situés sous les quais du métro et du RER, des espaces exigus où il cherche fissures et anomalies de température. Presse-citron l’a rencontré et l’a décrit en juin 2022 ; l’étude de cas de Boston Dynamics date sa mise en service de novembre 2021. Le robot est équipé d’une caméra à 360°, de relais radio pour garder la liaison dans les galeries et d’un scanner.
Ce qu’on ne sait pas : nous n’avons trouvé aucun bilan public 2024-2026, ni sur le nombre de robots, ni sur le temps gagné, ni sur une éventuelle extension. Le cas reste une référence, pas une démonstration de rentabilité.
SNCF : un essai instructif à Saint-Pierre-des-Corps
En mars 2022, la SNCF a testé Spot avec Génération Robots au technicentre industriel de Saint-Pierre-des-Corps, sur des rames Transilien à deux niveaux. L’objectif : inspecter l’intérieur des voitures. La conclusion publiée par Génération Robots en juin 2022 est nuancée et utile à tout acheteur :
- un robot quadrupède convient à ce type d’inspection ;
- mais Spot a besoin de 65 cm de passage, alors que les sièges de ces rames sont espacés de 60 cm. Ses dimensions sont donc incompatibles avec ce matériel.
La leçon dépasse la SNCF : avant de choisir un modèle, il faut mesurer les passages, les marches et les obstacles du site réel. Le comparateur donne les dimensions publiées de chaque robot.
RTE : ANYmal sur un poste électrique de test
RTE, gestionnaire du réseau de transport d’électricité, a testé ANYmal sur son Campus Transfo, situé à Jonage près de Lyon selon l’agence Greater Zurich Area. La page d’ANYbotics publiée en février 2023 décrit des missions d’environ 20 minutes, avec jusqu’à 35 points d’inspection, menées dans l’obscurité et sous jets d’eau, sur des installations répliques. Jean-Yves Astic, directeur de programme R&D de RTE, y parle d’un « vrai succès ».
Il s’agit d’une évaluation, présentée par le fabricant. Aucun déploiement sur le réseau n’a été annoncé publiquement depuis.
Ce qu’on ne trouve pas en France
Nous avons cherché des cas chez EDF, dans le BTP (Bouygues, Vinci) ou chez d’autres industriels. Un guide grand public cite Bouygues, Vinci et Suez comme clients d’Intuitive Robots, mais nous n’avons trouvé aucune source primaire : nous ne le reprenons pas. Côté pompiers, aucun service départemental n’a documenté l’usage d’un quadrupède ; le robot de Shark Robotics engagé à Notre-Dame en 2019, Colossus, est un robot à chenilles.
Deux repères à l’étranger : le nucléaire
Les exemples les mieux documentés en Europe concernent le nucléaire :
- Leibstadt (Suisse) : l’exploitant Axpo a testé Spot pendant deux semaines, téléopéré pour cartographier des zones irradiées (article du 20 janvier 2022). Aucune suite publiée.
- Sellafield (Royaume-Uni) : selon une page du gouvernement britannique du 29 janvier 2026, un essai de trois jours en 2021 a été suivi d’une première mission en zone très irradiée en 2023-2024, puis d’une téléopération depuis l’extérieur du site en 2025.
Quel robot pour l’inspection ?
| Modèle | Protection | Autonomie annoncée | Prix relevé (19/10/2026) |
|---|---|---|---|
| Spot | IP54 | ≈ 90 min | Sur devis |
| ANYmal | IP67 (ANYmal X : ATEX Zone 1) | 90 à 120 min | Sur devis |
| Unitree A2 | IP56 (revendeur) | > 5 h à vide | Dès 31 200 € TTC |
| Unitree B2 | IP67 | 4 à 6 h | Dès 58 800 € TTC |
| Deep Robotics X30 | IP67 | 2,5 à 4 h | Dès 114 000 € TTC (Pro) |
Les prix des modèles chinois n’incluent ni les capteurs d’inspection spécialisés ni le logiciel de mission, que Spot et ANYmal intègrent à leur offre. Le calculateur de coût sur 3 ans permet d’ajouter ces postes.
Notre avis. Cinq ans après les premiers essais, l’inspection reste le seul usage professionnel crédible des chiens robots en France, mais il manque des bilans publics. Avant tout projet, faites mesurer votre site (passages, marches), exigez un essai sur place et posez la question de la cybersécurité, en particulier pour les modèles concernés par des failles publiques.
En vidéo
3 vidéos sélectionnées et vérifiées le 19/10/2026. Rien n’est chargé depuis YouTube avant votre clic. Toute la sélection commentée : vidéos de chiens robots.
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Le robot Spot (Perceval) inspecte les ouvrages du groupe RATP
Intuitive Robots · 11/04/2024 · 2 min 35 s · en français · vérifiée le 19/10/2026
Ce qu’on y voit : Intuitive Robots, intégrateur nantais, montre Perceval, le Spot de la RATP, inspectant des ouvrages (avril 2024).
Ce qu’elle ne prouve pas : Vidéo de l’intégrateur du projet : elle ne donne pas de bilan chiffré.
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Autonomous Robot Inspections with ANYmal X in Ex-Zones at BASF
ANYbotics · 04/08/2023 · 2 min 08 s · en anglais · vérifiée le 19/10/2026
Ce qu’on y voit : ANYmal X en inspection autonome dans des zones à atmosphère explosive sur un site du chimiste BASF (août 2023).
Ce qu’elle ne prouve pas : Vidéo du fabricant sur un programme d’essai : elle ne dit pas combien de robots sont déployés ni depuis quand en continu.
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Perceval the robot dog helps repair Paris metro
Reuters · 20/04/2023 · 1 min 23 s · en anglais · vérifiée le 19/10/2026
Ce qu’on y voit : Reuters montre Perceval, le Spot qui aide à entretenir le métro parisien en inspectant des zones difficiles d’accès (avril 2023).
Ce qu’elle ne prouve pas : Reportage d’une agence de presse ; durée d’usage et résultats non détaillés.
Questions fréquentes
Quelles entreprises françaises utilisent des chiens robots ?
Le cas le mieux documenté est la RATP, avec un Spot baptisé « Perceval » pour inspecter des ouvrages sous les quais. La SNCF a testé Spot en 2022 et RTE a testé ANYmal. Nous n’avons pas trouvé de déploiement public vérifiable chez EDF ou dans le BTP.
Combien coûte un chien robot d’inspection ?
Spot et ANYmal n’ont pas de prix public. Chez Génération Robots, l’Unitree A2 est relevé dès 31 200 € TTC, le B2 dès 58 800 € TTC et le Deep Robotics X30 Pro dès 114 000 € TTC (19/10/2026), hors capteurs d’inspection et intégration.
Un chien robot peut-il travailler en zone ATEX ?
Parmi les modèles suivis ici, seul l’ANYmal X d’ANYbotics annonce une certification ATEX et IECEx Zone 1, avec des livraisons prévues en 2026.
Sources
consultées le 19/10/2026
- Presse-citron, le chien robot de la RATP (16/06/2022)
- Boston Dynamics, étude de cas RATP
- Génération Robots, Spot et l’inspection des trains SNCF (02/06/2022)
- ANYbotics, essai avec RTE (13/02/2023)
- Greater Zurich Area, RTE teste ANYmal
- Axpo, Spot à la centrale de Leibstadt (20/01/2022)
- GOV.UK, les chiens robots à Sellafield (29/01/2026)
- Boston Dynamics, page produit Spot
- ANYbotics, ANYmal X (ATEX)